Archive pour la catégorie 'Poésies libres'

Le saxo de mon père

Saturday 28 April 2007

Avril revient,
Impatient de lumière,
De jardins pleins de fleurs,
De crépuscules doux…
Et moi, je reste là ,
Près du vieux mur de pierres
A regarder la vie
Eclater de partout !
Mon père était parti
Dans le vent de l’automne…
Et me printemps, alors,
Me semblait ne devoir
Plus jamais exister…
Pourtant, avril est là …
Un air de saxophone
Me poursuit dans les bois
Où j’aime me promener…
Oh ! Il vient de très loin,
Quelque part dans ma tête,
Un tout petit refrain
Têtu et obstiné
Un refrain qui disait :
« Dans le vallon..
la…la…la…
L’astre d’or
Tout se ranime
En la belle Provence
La…la…la… »
Oui, c’est çà ,
La musique revient
Et si j’ai oublié
Quelque peu les paroles,
Ca n’a pas d’importance.
Puisque, rien que pour moi,
Dans l’air léger qui danse
Le saxo de mon pèr
Chante la farandole !!!

Avril 1995

C’est un petit chemin

Saturday 28 April 2007

C’est un petit chemin
Noyé dans la verdure,
Quand vient le mois de mai
C’est fou ce qu’il sent bon !
On y oublie le monde,
Et ses fureurs, et ses blessures,
On n’y entend plus rien
Que le chant des oiseaux
Cachés dans les buissons….
Tout au bout du chemin,
Là -bas, dans la forêt,
Comme dans un tableau
Le vert sombre des pins
Se mélange en douceur
Au vert tendre des chênes…
Dans ce monde en folie
Plein de peurs et de haine,
C’est un havre de paix
Que ce petit chemin…
Je m’y trouve si bien
Que je voudrais l’offrir
Aux enfants de la guerre,
Qu’ils y oublient leurs larmes,
Leur terreur, leur chagrin.
Mais ça, je ne peux pas.
Alors, je rêve bien souvent
Qu’ils sont là …
Je les prends par la main
Et puis je les emmène
A l’abri
Des tyrans de la Terre,
Ecouter les oiseaux,
Sentir l’odeur des fleurs
Et être heureux, enfin,
Dans mon petit chemin…..!

Avril 1995

En quittant l’autoroute

Friday 27 April 2007

Après la longue route,
Après le grand tumulte
Que font les gens du nord
Pour retourner chez eux,
Quand, enfin, épuisés,
On quitte l’autoroute,
Soudain, on se sent mieux !
Il faut rouler encore
Par des chemins tranquilles,
De plus en plus petits,
De plus en plus perdus..
Que nous importe !
Bien loin des grandes villes
Et le leur démesure,
Et de leur déraison,
Il y quelque chose
Là -bas,
Qui nous rassure…
Avec sont toit de tuiles roses,
Ses volets verts et ses murs blancs,
A l’ombre de ses pins,
Au fil du temps qui passe
Et des quatre saisons….
Après le dernier bout de route,
Après le tout dernier tournant,
Comme un refuge où il fait bon,
Elle est là , qui nous attend,
Notre maison !

Pauvre Poète

Friday 27 April 2007

Le Monde est fou…
Il a besoin de ses poètes,
Mais ne sait plus les écouter…
Le Monde ne sait plus rêver…
Pauvre chantre du temps qui passe,
Tu es seul avec tes sonnets…
Bats-toi !
Apprends à  faire face
A tous ces mots nouveaux,
Qui sont sans âme,
Qui sont laids…
Et pourtant,
Les hommes, à  l’envi les répètent…
Il en est un, plus que tout autre,
Par qui le Mal est arrivé,
C’est le mot « Rentabilité »…
Un peu partout, sur la planète,
C’est devenu le Mot Sacré…
Pauvre poète de l’an deux mille !
Il te faudra lutter sans trêve…
Garde bien près de toi
Ton grand sac plein de rêves,
De phrases démodées,
De tendresse et de larmes
De rires et de joies…
Continue de décrire
L’immense ciel d’hiver
Et ses constellations,
Cassiopée, la Grande Ourse,
Ou la belle Orion…
Continue de décrire, au printemps,
Le ruisseau qui bavarde,
Le bruit que fait la source,
Le vent dans les cyprès…
Chante les mois d’été
Et les blés qu’on moissonne,
Puis,
Septembre venu,
Chante encore l’automne,
Ses couleurs,
Ses parfums de fruits mûrs éclatés…
Raconte les labours,
Les nouvelles semences…
Ne t’arrête jamais.
Puisque tout recommence,
A travers les saisons
Parle aux hommes d’amour,
Ils en ont tant besoin…
Enfin, chante la vie…
Et tu verras
L’enfant qui, aujourd’hui va naître,
En l’an deux mille vingt
Pour tous ces mots bien dits,
N’en dira qu’un, peut-être,
Qui aura l’air de rien
Parce qu’il est tout petit,
Mais qui grandit un homme
Le jour où il le dit,
Et ce mot, c’est : « Merci ! »

Rien qu’avec des mots

Friday 27 April 2007

Un jour,
Au détour d’un chemin
Je vis un paysage
Si calme et si joli,
Que je me dit :
« Demain, tu prendras une toile,
Des couleurs, un pinceau,
Et de ce coin perdu
Tu feras un tableau… »
Il y avait, tout autour,
Des collines douces, bleutées,
Habillées de vieux pins.
Le jour qui s’en allait
Nous laissait une odeur
Parfumée de résine,
De lavandes sauvages,
D’églantines, de thym…
Il y avait
Un vieux château sans âge,
Protégé par des peupliers,
Un ruisselet en contre bas…
C’était un peu étrange,
Dans cette plaine aride,
Cette eau bavarde
Passant par là …
Enfin, près du ruisseau
Il y avait un jardin.
Un jardin tout à  fait ordinaire
Où poussaient la courgette
Et la pomme de terre.
Il y avait, surtout,
Et depuis le début
Ce détail m’attirait,
Dans ce jardin, un jardinier.
Sur sa tête il portait
Un vieux chapeau de paille.
Un grand tablier
Depuis sa taille
Tombait presque jusqu’à  ses pieds.
Ce jardinier tenait un arrosoir
Et le soleil couchant
Illuminait le petit rond de pluie
Sortant de l’arrosoir.
Enfin, tout à  côté,
Sur un piquet, où, têtues
S’agrippaient les tomates,
Un oiseau, seul, chantait…
Ce tableau tout entier m’enchantait…
La lumière du soir,
L’oiseau, le jardinier,
Le petit rond de pluie
Sortant de l’arrosoir…
Tout cela me plaisait…
Mais, quand le lendemain,
Dans ma main
Se trouva le pinceau,
Hélas ! plus rien n’allait…
J’avais beau dessiner l’oiseau,
Le jardinier,
Le petit rond de pluie
Sortant de l’arrosoir,
Les lavandes sauvages,
La lumière du soir,
Plus rien ne me plaisait
Et, dans mon paysage,
L’oiseau restait muet…
Alors, j’ai posé le pinceau.
Puis, j’ai pris une feuille
Où j’ai écrit, simplement :
L’oiseau chante…
Alors, comme le peintre
Doit choisir ses couleurs,
J’ai du choisir mes mots,
Avec tendresse,
Avec bonheur…
Et rien qu’avec des mots
J’ai su faire un tableau !
Tout y était :
L’oiseau, le jardinier,
Le petit rond de pluie
Sortant de l’arrosoir,
Le vieux château, les peupliers,
Les lavandes sauvages,
La lumière du soir….
Tout je vous dis…
Mais le plus merveilleux
C’est que, sans couleur,
Sans pinceau,
Rien qu’avec des mots
J’ai fait chanter l’oiseau !